A quoi peut servir un philosophe dans nos entreprises en ce XXIème siècle ?

La philosophie n’est-elle pas trop conceptuelle et incertaine pour éclairer les managers dans l’action ?
L’exigence de pragmatisme et d’efficacité n’est-elle pas la seule vertu qui vaille pour tout manager ?
La philosophe ne s’épuise-t-il pas dans une vaine quête de vérité dont la rentabilité n’a que faire ?
N’est-il pas désuet de brandir des réflexions philosophiques embourbées dans des siècles de doctes pensées dépassées ?
Et n’est-il pas encore plus vain de les mélanger, les assembler ou les découper pour en produire d’autres toutes aussi discutables et absconses ?
Je me suis posé de telles questions en démarrant l’écriture de ce livre où un philosophe rôde. Sans y avoir répondu. Et puis, en compulsant un stock de revues que j’avais délaissées, je suis tombé récemment sur un superbe éditorial de André Comte-Sponville dans un numéro de Challenges (n° 453, page70).
En deux tout petits paragraphes, avec des mots simples et précis, il pose un diagnostic limpide. Là, j’ai compris la valeur ajoutée du philosophe pour l’entreprise. Son texte est ciselé comme un diamant de vérité. Cela paraît évident après lecture. On pourrait penser qu’une telle lumière va indubitablement éclairer nos décideurs. Mais la caverne est profonde et ces rayons de lumière peinent à pénétrer les profondeurs…
Sauf si on sait la réfléchir par les femmes qui portent l’humain comme une valeur première. En cette journée de la femme, c’est ce qu’on doit espérer. « Un chef d’entreprise ne travaille pas d’abord sur des objets mais sur des sujets »
